De récentes déclarations du président américain nouvellement inauguré, Donald Trump, proposent une augmentation significative de 25 % des tarifs sur les importations canadiennes à partir du 1er février, ce qui affecterait une large gamme de produits, y compris l'acier, l'aluminium et d'autres matériaux de construction essentiels. Bien que les tarifs ciblent principalement des matériaux clés comme l'acier et l'aluminium, ils affecteraient également des produits de construction critiques tels que le bois d'œuvre, les cloisons sèches, l'isolant et le béton.

Si ces tarifs sont mis en œuvre, ils pourraient avoir des effets profonds sur les industries de la construction aux États-Unis et au Canada, l'impact variant de manière significative selon les régions en raison des différentes dépendances à des matériaux spécifiques et des dynamiques commerciales régionales.

La portée de l'augmentation tarifaire proposée

L'augmentation des tarifs fait partie d'une stratégie commerciale plus large ciblant les produits canadiens, qui inclut tout, de l'acier et l'aluminium au bois d'œuvre résineux et au ciment. Selon le Bureau du représentant américain au commerce (2023), le Canada est le plus grand fournisseur étranger d'acier et d'aluminium des États-Unis, et ces matériaux sont essentiels pour les projets de construction résidentiels et commerciaux dans les deux pays. Une augmentation de 25 % des tarifs augmenterait probablement les coûts pour les constructeurs et les rénovateurs des deux côtés de la frontière, en particulier dans les régions fortement dépendantes des importations canadiennes.

Le bois d'œuvre résineux est un problème de longue date dans le commerce entre les États-Unis et le Canada, avec des tarifs existants allant de 20 % à 30 %. L'augmentation proposée de ces tarifs exacerberait les défis, en particulier pour les constructeurs américains, qui font déjà face à des prix du bois volatils ces dernières années (CIBC, 2023).

De même, les produits à base de ciment et de béton, vitaux dans la construction de maisons à ossature non traditionnelle comme les coffrages isolants pour béton (CIB) ou les maisons en panneaux de béton préfabriqués, sont également essentiels à la chaîne d'approvisionnement de la construction au sens large. Cependant, la nature régionale de ces tarifs signifie que leurs impacts peuvent différer considérablement selon l'endroit où les projets de construction ont lieu aux États-Unis ou au Canada.

Différences régionales de l'impact des tarifs : États-Unis et Canada

L'impact des augmentations tarifaires proposées ne sera pas uniforme à travers les États-Unis ou le Canada. Diverses régions sont plus dépendantes de certains matériaux de construction, ce qui signifie que le fardeau des tarifs accrus sera ressenti différemment selon la situation géographique.

Différences régionales aux États-Unis : Washington, New York et au-delà

Aux États-Unis, des régions comme l'État de Washington (WA) et New York (NY) feront probablement face à des niveaux d'impact différents en fonction de leur dépendance aux importations canadiennes, en particulier le bois d'œuvre résineux, l'acier et l'aluminium. Washington, avec sa proximité des scieries canadiennes, est fortement dépendant des importations de bois d'œuvre résineux canadiens.

Les États-Unis importent une quantité importante de bois d'œuvre résineux du Canada, en particulier de la Colombie-Britannique (C.-B.), qui serait soumise à des tarifs plus élevés si les changements proposés entrent en vigueur.

Pour les constructeurs de Washington, l'augmentation de 25 % des tarifs entraînerait des coûts de bois d'œuvre plus élevés, ajoutant une pression importante sur des chaînes d'approvisionnement déjà tendues. Les constructeurs de maisons de Washington, qui font souvent face à des coûts de construction plus élevés en raison de terrains et de main-d'œuvre coûteux, ressentiraient ces impacts tarifaires de manière plus aiguë, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix des maisons.

En revanche, l'État de New York, bien que toujours touché par la hausse des prix du bois, dépend aussi plus fortement des importations d'acier et d'aluminium, en particulier pour les projets de construction urbaine comme les gratte-ciel, les ponts et les routes. Le tarif proposé de 25 % sur l'acier et l'aluminium augmenterait probablement les coûts de construction à New York, où l'acier est un matériau fondamental pour les développements urbains à grande échelle.

Ces hausses de tarifs pourraient encore augmenter les coûts de construction pour les projets résidentiels et commerciaux, contribuant à la hausse du coût de la vie et réduisant l'abordabilité du logement dans des villes comme New York et Buffalo.

D'autres États américains le long de la côte Est, comme le Massachusetts et le Maine, feraient également face à une augmentation des coûts des matériaux, en particulier pour l'acier et l'aluminium. Cependant, leur dépendance relative au bois canadien serait moindre que dans des États comme Washington ou l'Oregon, de sorte que l'impact sur la construction résidentielle pourrait être moins prononcé dans ces régions.

Différences régionales au Canada : Colombie-Britannique et Ontario

L'impact des changements tarifaires au Canada varierait probablement selon la région. En Colombie-Britannique (C.-B.), où la production de bois d'œuvre résineux est une industrie clé, les effets se feraient principalement sentir par un ralentissement des exportations plutôt que par des prix du bois plus élevés. La C.-B. est responsable de près de la moitié de la production de bois d'œuvre résineux du Canada, une partie substantielle étant exportée vers les États-Unis (Ressources naturelles Canada, 2022). Une augmentation de 25 % des tarifs réduirait probablement les exportations de bois d'œuvre de la C.-B. vers les États-Unis, créant une surabondance dans la province. Cette surabondance pourrait, à son tour, entraîner une baisse des prix du bois en C.-B. Cela pourrait être une bonne occasion pour une transition vers une plus grande utilisation du bois dans les bâtiments de moyenne hauteur au Canada.

Cependant, l'impact plus large des tarifs se ferait sentir dans d'autres composantes de la construction de maisons. Les constructeurs de maisons en C.-B., déjà aux prises avec des coûts élevés en raison des perturbations de la chaîne d'approvisionnement et de la demande croissante, feraient face à une augmentation des prix pour une variété de matériaux de construction essentiels. Ceux-ci incluent les systèmes mécaniques comme les unités VRE et VRC, les composants électriques, les fournaises et les thermopompes, et les appareils ménagers. Avec un marché du logement déjà tendu en C.-B., ces charges de coûts supplémentaires exerceraient une pression supplémentaire sur les constructeurs de maisons, en particulier dans la construction de maisons unifamiliales et multifamiliales.

L'Ontario (ON), d'autre part, bien que également dépendant des matériaux importés, dispose d'une chaîne d'approvisionnement plus diversifiée et d'une base industrielle plus large. Les constructeurs en Ontario sont plus susceptibles de compter sur l'acier, l'aluminium et le béton provenant à la fois des États-Unis et de fournisseurs nationaux.

L'augmentation des tarifs sur l'acier et l'aluminium pourrait faire grimper les coûts de construction pour les bâtiments commerciaux, les projets d'infrastructure et les développements résidentiels urbains, en particulier dans des villes comme Toronto. Cependant, comme la dépendance de l'Ontario au bois est moins importante par rapport à la C.-B., l'impact sur la construction de maisons en Ontario pourrait être quelque peu atténué par rapport à l'ouest du Canada.

De plus, le marché de l'Ontario est plus susceptible d'explorer des alternatives aux méthodes de construction à ossature traditionnelle, y compris les maisons modulaires et les systèmes à base de béton. Le coût plus élevé du bois pourrait accélérer l'adoption de méthodes de logement à ossature non traditionnelle, telles que les CIB ou les maisons en béton préfabriqué, qui utilisent plus de béton et d'acier, des matériaux qui seraient directement affectés par les tarifs sur l'acier et l'aluminium.

L'impact des tarifs de Trump sur l'industrie de la construction canadienne et américaine sera probablement substantiel
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Impact des tarifs sur les approvisionnements en ciment et en béton

L'augmentation proposée des tarifs soulève également des préoccupations concernant le ciment et le béton, en particulier pour les constructeurs qui cherchent à aller au-delà de la construction à ossature de bois traditionnelle vers des méthodes de construction plus résilientes, telles que les maisons en CIB ou les maisons en panneaux de béton encapsulés.

Le ciment est un composant essentiel de ces méthodes de construction alternatives, et toute augmentation des coûts tarifaires sur les exportations de ciment canadien vers les États-Unis pourrait perturber les chaînes d'approvisionnement et faire augmenter les prix.

Par exemple, les régions des États-Unis qui dépendent fortement des importations de ciment canadien, comme le Nord-Est (y compris New York et le New Jersey) et le Midwest, pourraient faire face à des prix plus élevés ou à des pénuries d'approvisionnement. Si le ciment canadien devient plus cher en raison des tarifs, les constructeurs américains pourraient se tourner vers des sources de ciment nationales, mais l'offre nationale étant souvent limitée, cela pourrait entraîner une nouvelle inflation des prix et des retards.

Les États-Unis ont une capacité de production de ciment, mais elle n'est pas suffisante pour remplacer entièrement le volume des importations canadiennes, surtout compte tenu de la demande croissante de béton dans les projets résidentiels et commerciaux.

Au Canada, bien que la production de ciment soit relativement autosuffisante, en particulier dans des régions comme le Québec et l'Ontario, des tarifs plus élevés sur les importations américaines de produits en béton pourraient entraîner des coûts plus élevés pour les constructeurs qui ont besoin de s'approvisionner en produits ou équipements en béton spécialisés auprès des États-Unis.

Encore une fois, les régions qui dépendent davantage du béton pour les maisons à ossature non traditionnelle — comme certaines parties de l'Ontario et du Québec — pourraient faire face à des coûts plus élevés pour le ciment et le béton, ce qui pourrait rendre la construction en CIB et en béton préfabriqué plus chère.

Représailles canadiennes et impacts économiques plus larges de la hausse des tarifs américains

Si les États-Unis vont de l'avant avec ces augmentations de tarifs, on s'attend largement à ce que le Canada riposte avec ses propres tarifs. Le Canada a historiquement répondu aux actions tarifaires américaines en ciblant les produits américains qui sont essentiels à diverses industries, tels que les produits agricoles, les machines et l'électronique. Par exemple, le Canada pourrait imposer des tarifs sur des produits américains tels que les produits agricoles, les machines industrielles et les biens de consommation comme les voitures et l'électronique.

Cette riposte provoquerait probablement un effet d'entraînement, augmentant les coûts des biens et des matériaux déjà soumis à des tarifs, tels que l'acier, l'aluminium et le ciment, et étendant la perturbation à des secteurs plus larges, y compris l'agriculture et la fabrication. La riposte pourrait avoir des conséquences économiques importantes, ralentissant le commerce et la fabrication dans les deux pays et, en fin de compte, augmentant les coûts pour les consommateurs et les entreprises des deux nations.

L'impact régional d'une riposte tarifaire

L'impact régional des représailles canadiennes serait ressenti différemment à travers les États-Unis et le Canada, en fonction des industries sur lesquelles chaque région s'appuie. Par exemple, les États américains qui dépendent fortement des importations agricoles canadiennes - comme le Vermont, New York et le Michigan - pourraient connaître des prix plus élevés sur les denrées alimentaires de base. En même temps, le secteur agricole du Canada, qui exporte des quantités importantes de produits comme les produits laitiers, le bœuf et les céréales vers les États-Unis, pourrait voir une demande réduite ou des tarifs accrus sur ses exportations, ajoutant une autre couche de pression économique.

Pour les constructeurs canadiens, des représailles sous forme de tarifs sur les produits américains pourraient aggraver la situation. Si des matériaux de construction clés, tels que l'acier et l'aluminium, deviennent plus chers en raison de tarifs de rétorsion, les coûts de construction augmenteraient à travers le Canada.

Les constructeurs en Ontario, au Québec et dans les Maritimes - des régions plus dépendantes des importations américaines - seraient particulièrement vulnérables à ces coûts accrus. De plus, les entreprises américaines et canadiennes pourraient faire face à des perturbations de leurs chaînes d'approvisionnement, entraînant des retards dans les projets de construction et de rénovation à travers l'Amérique du Nord.

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Réponses stratégiques et atténuation pour l'augmentation des tarifs

Les parties prenantes américaines et canadiennes pourraient chercher des solutions politiques pour atténuer l'impact de ces tarifs. Aux États-Unis, les constructeurs de maisons et les fabricants pourraient faire pression pour obtenir des exemptions ou des taux tarifaires réduits sur les matériaux essentiels à la construction.

De même, au Canada, le gouvernement pourrait négocier avec les États-Unis pour éviter ou réduire ces tarifs, ou les fabricants canadiens pourraient augmenter la production de matériaux essentiels comme le ciment et l'acier.

Pour des régions comme la C.-B. et Washington, qui sont fortement dépendantes du bois, l'augmentation des tarifs pourrait inciter à une plus grande dépendance à des matériaux de construction alternatifs comme le béton, qui seraient moins affectés par les hausses de tarifs sur le bois et l'acier.

De même, le coût accru du bois pourrait encourager les constructeurs en Ontario et au Québec à adopter des méthodes de construction davantage basées sur le béton, comme les CIB ou les maisons en panneaux de béton préfabriqués, qui offrent des avantages d'efficacité énergétique à long terme.

Conclusion : les augmentations de tarifs = une perturbation pour les propriétaires

Les augmentations de tarifs de 25 % proposées sur les produits canadiens, y compris l'acier, l'aluminium, le bois et le ciment, auront des impacts spécifiques à chaque région sur les projets de construction et de rénovation de maisons aux États-Unis et au Canada. Dans des régions comme Washington et la Colombie-Britannique, où le bois d'œuvre résineux est un matériau clé, les hausses de tarifs auront un impact particulièrement lourd, augmentant les coûts pour les constructeurs et exacerbant les problèmes d'abordabilité du logement - surtout que ces régions font déjà face à un déficit important de l'offre de logements locatifs.

En revanche, les régions urbaines comme New York et l'Ontario, avec une plus grande dépendance à l'acier, à l'aluminium et au béton, verront une augmentation des coûts pour les projets commerciaux et résidentiels, ce qui pourrait accélérer l'adoption de méthodes de construction alternatives comme les CIB ou les maisons en béton préfabriqué.

Si le Canada riposte avec ses propres tarifs, la pression économique pourrait s'aggraver, en particulier dans les régions fortement exposées au commerce avec les États-Unis. La relation commerciale entre les États-Unis et le Canada est très interconnectée, et toute perturbation se répercutera sur les deux économies, ralentissant la construction, augmentant les prix et mettant davantage à rude épreuve l'abordabilité du logement. Les deux pays devront examiner attentivement les conséquences à long terme de l'escalade des tarifs sur l'industrie de la construction et les secteurs économiques plus larges.

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Sources :

  1. Commission du commerce international des États-Unis (USITC), 2022. « Importations américaines d'acier. »
  2. CIBC, 2023. « L'avenir du commerce du bois d'œuvre résineux entre les États-Unis et le Canada. »
  3. Association nationale des constructeurs d'habitations (NAHB), 2022. « Impact des tarifs sur le bois sur les prix des maisons aux États-Unis. »
  4. Ressources naturelles Canada, 2022. « L'industrie canadienne du bois d'œuvre résineux. »
  5. The Globe and Mail, 2022. « Le Canada prêt à riposter aux tarifs américains. »
  6. Bureau du représentant américain au commerce, 2023. « Commerce des États-Unis avec le Canada. »
  7. Communiqué de presse d'Ecohome sur les tarifs, 21 janvier 2025