Les défis et opportunités dans l'industrie de la construction au Canada

La crise du logement au Canada est réelle, et le nouveau plan de logement du gouvernement libéral, dirigé par Mark Carney, offre une voie potentielle pour atténuer la pénurie de logements abordables. Cependant, bien que le plan comprenne plusieurs idées clés qui résonnent avec Ecohome, à notre avis, il y a quelques problèmes importants qui pourraient l'empêcher de réussir :

  • La mentalité du « bois d'abord » qui pourrait étouffer l'innovation et être potentiellement problématique sur le plan environnemental.
  • Compter sur l'industrie de la construction canadienne, qui stagne, pour trouver des solutions pourrait être voué à l'échec.
  • Le manque général de travailleurs qualifiés et non qualifiés dans l'industrie de la construction est un problème croissant.

Bien que les nouvelles stratégies et les nouveaux financements soient prometteurs, le manque d'une main-d'œuvre formée et volontaire, combiné à une industrie qui est restée obstinément stagnante au cours des 50 dernières années, pourrait saper ces propositions. En d'autres termes, elles pourraient ne pas donner les résultats que Carney et les Canadiens espèrent.

Cet article examine de plus près le plan de logement libéral pour 2025 et au-delà, en soulignant les faiblesses potentielles à corriger, tout en le comparant aux plans de logement du conservateur Pierre Poilievre - ainsi qu'aux tentatives passées de relancer le secteur de la construction résidentielle au Canada.

Le Parti libéral de Mark Carney a provoqué un débat sur l'industrie de la construction canadienne
Le Parti libéral de Mark Carney a provoqué un débat sur l'avenir de l'industrie de la construction canadienne

Que contient le nouveau plan libéral pour le logement ?

Le plan de logement libéral, annoncé en avril 2025, comprend un certain nombre d'idées conçues pour rendre le logement plus abordable, disponible et durable. Voici les points principaux :

1. Construire des Logements au Canada (CLC)

Le plan met en place un système pour construire des logements abordables sur des terrains publics, en collaboration avec des promoteurs du secteur privé pour construire plus de logements.

2. Investir dans l'innovation pour les maisons préfabriquées

Le plan comprend 25 milliards de dollars en prêts et 1 milliard de dollars en capitaux propres pour soutenir les entreprises canadiennes spécialisées dans le logement préfabriqué.

3. Changements sur le marché du logement

Le gouvernement vise à réduire les coûts de construction de nouveaux logements en diminuant les frais, en offrant des incitatifs fiscaux pour le logement locatif et en accélérant les approbations.

4. Durabilité dans la construction

Il y a une volonté d'utiliser des matériaux de construction plus écologiques comme le contenu recyclé, le bois certifié et les matériaux à faibles émissions dans les nouvelles constructions.

Le nouveau plan libéral pour le logement inspecté en détail
Le nouveau plan libéral pour le logement, inspecté en détail, révèle des fissures dans les fondations de l'industrie de la construction canadienne

Un regard plus attentif sur le plan : Construire des Logements au Canada (CLC)

Construire des Logements au Canada (CLC) est une initiative gouvernementale visant à résoudre la crise du logement au Canada. Le programme se concentre sur la construction de logements abordables en utilisant des terrains publics et en s'associant avec des promoteurs privés.

Le gouvernement offre 25 milliards de dollars en financement par emprunt et 1 milliard de dollars en financement par capitaux propres pour soutenir des méthodes de construction innovantes comme le logement préfabriqué et modulaire. CLC vise à réduire les coûts de construction et à construire des logements pour les Canadiens à revenus moyens et faibles dans les villes à forte demande comme Toronto et Vancouver.

Les éléments clés de CLC comprennent la réduction des redevances d'aménagement municipales (permettant d'économiser jusqu'à 40 000 $ par appartement) et la simplification des réglementations de construction pour accélérer les processus d'approbation et de construction. Le programme priorise également l'utilisation de matériaux durables pour atteindre les objectifs environnementaux.

Problèmes potentiels avec CLC

  1. Retards bureaucratiques : L'implication du gouvernement dans l'acquisition de terrains et les approbations entraîne souvent des retards. La coordination entre plusieurs agences peut ralentir les échéanciers des projets.
  2. Pénurie de main-d'œuvre qualifiée : Il y a un manque de travailleurs qualifiés, en particulier ceux formés aux nouvelles techniques de construction comme la préfabrication et le logement modulaire. Cela pourrait entraîner des retards ou des sous-performances dans l'atteinte des objectifs de logement.
  3. Partenariats public-privé : Un désalignement entre les objectifs du gouvernement et les intérêts des promoteurs privés peut causer des inefficacités, affectant la vitesse et la rentabilité des projets.
  4. Dépassements de coûts : Les projets gérés par le gouvernement sont souvent sujets à des erreurs de calcul budgétaire et à des dépassements de coûts, surtout si des fonctionnaires sont impliqués dans la planification et la gestion.
  5. Questions foncières autochtones : Si les terrains publics ciblés pour le développement de logements se trouvent sur ou à proximité de territoires autochtones, le gouvernement doit naviguer dans des processus juridiques et de consultation pour éviter les litiges et les retards.
  6. Influence politique : Les changements de direction gouvernementale ou de priorités politiques peuvent modifier le financement, la portée des projets et les échéanciers, créant une instabilité pour les plans de logement à long terme.

En conclusion, bien que CLC ait le potentiel de répondre aux besoins de logement du Canada, son succès dépend de la résolution des retards bureaucratiques, des pénuries de main-d'œuvre et d'autres défis. Une planification et une consultation minutieuses avec les groupes autochtones sont également essentielles pour éviter les litiges et garantir que le programme atteigne ses objectifs efficacement.

L'éducation joue un rôle important dans l'avenir de l'industrie de la construction au Canada
L'éducation joue un rôle important dans l'avenir de l'industrie de la construction au Canada

La pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans la construction

Bien que ces idées semblent bonnes sur le papier, il y a un défi de taille : la pénurie de travailleurs qualifiés et de main-d'œuvre dans le secteur de la construction. Même avec plus de financement et une meilleure technologie, il n'y a tout simplement pas assez de travailleurs formés pour mettre leurs gants et faire le travail !

Pénurie de main-d'œuvre qualifiée : un problème sérieux

La main-d'œuvre en déclin : L'industrie de la construction au Canada, en fait la construction dans tous les pays du G7, est aux prises avec une pénurie de travailleurs qualifiés depuis des années. De nombreux métiers comme la charpenterie, la plomberie, l'électricité et la maçonnerie sont difficiles à pourvoir. La main-d'œuvre vieillit et moins de jeunes entrent dans ces métiers. À mesure que les nouvelles méthodes de construction nécessitent des compétences plus spécialisées, la pénurie ne fait que s'aggraver.

Impact sur les projets de logement : Sans suffisamment de travailleurs qualifiés, l'objectif du gouvernement d'augmenter le nombre de logements construits sera difficile à atteindre. Même si le terrain et le financement sont en place, le manque de travailleurs pourrait causer des retards, ralentissant les progrès.

Ce qui s'est passé dans le passé : Les initiatives de logement précédentes au Canada, comme la Stratégie nationale sur le logement, ont également rencontré des problèmes parce qu'il n'y avait pas assez de travailleurs qualifiés pour faire le travail. Même avec l'argent et les terrains disponibles, les projets étaient souvent retardés ou dépassaient le budget. Si la pénurie de main-d'œuvre n'est pas résolue, ce dernier plan de logement libéral pourrait faire face aux mêmes problèmes, car les entreprises de construction sont obligées d'augmenter les salaires pour combler les lacunes dans les métiers qualifiés et même les postes de main-d'œuvre de base.

Résistance de l'industrie aux nouvelles méthodes de construction

Lente adoption des nouvelles techniques : L'un des objectifs du plan de logement libéral est de pousser à l'utilisation de techniques de construction plus avancées, telles que les maisons préfabriquées. Bien que cela puisse permettre d'économiser du temps et des coûts, l'industrie a été lente à adopter ces méthodes.

De nombreux constructeurs préfèrent la construction à ossature de bois traditionnelle, qui est plus simple et nécessite moins de compétences spécialisées. Pour tirer pleinement parti des nouvelles méthodes, cependant, les travailleurs doivent être formés, et cela prend du temps.

Manque de responsabilité : Bien que le plan offre un soutien financier pour encourager l'utilisation de nouvelles techniques de construction, il n'y a pas grand-chose en place pour garantir que l'industrie sera tenue responsable de l'adoption de ces changements. Sans une surveillance appropriée, les constructeurs pourraient continuer à utiliser les méthodes traditionnelles simplement parce qu'elles sont plus faciles et plus rapides à exécuter avec la main-d'œuvre actuelle.

Leçons du passé : Les efforts précédents pour moderniser l'industrie ont souvent échoué. Par exemple, les initiatives visant à encourager les maisons écoénergétiques n'ont pas réussi parce que les travailleurs n'étaient pas formés aux nouvelles techniques. S'il n'y a pas d'accent mis sur la formation des travailleurs aux nouvelles méthodes, les mêmes problèmes se poseront probablement à nouveau.

Dépendance excessive aux méthodes de construction traditionnelles

Le problème avec le bois : L'un des principaux problèmes est également la dépendance continue du Canada à la construction à ossature de bois. Bien que le bois soit abondant et soutienne l'industrie forestière, ce n'est pas toujours le meilleur choix pour les maisons modernes et il y a des points d'interrogation dans certains domaines sur le fait que les techniques de coupe à blanc employées par l'industrie du bois pourraient ne pas être aussi écologiques ou neutres en carbone qu'on nous l'a dit.

Bien que l'industrie du bois canadienne soit souvent présentée comme étant respectueuse de l'environnement en raison de sa nature renouvelable, l'utilisation extensive de la coupe à blanc dans l'extraction du bois est loin d'être durable. La coupe à blanc perturbe les écosystèmes, contribue aux émissions de carbone et réduit la capacité de séquestration du carbone à long terme des forêts.

En même temps, lors de la construction de maisons, il est important de reconnaître que les enveloppes de bâtiments modernes nécessitent beaucoup plus de matériaux que du simple bois. Ces matériaux, y compris l'isolation, les pare-air, les pare-intempéries et l'isolation et le revêtement extérieurs, ajoutent à l'empreinte carbone des maisons. Cette réalité complique le discours selon lequel la construction en bois est intrinsèquement « neutre pour l'environnement ».

De plus, à mesure que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée s'aggrave, il devient de plus en plus difficile de trouver des travailleurs formés pour le manipuler ainsi que d'autres matériaux comme l'acier ou le béton. Cette dépendance au bois pourrait ralentir la progression de nouveaux logements.

Les maisons préfabriquées peuvent faire partie de la solution à la crise du logement au Canada
Les maisons préfabriquées peuvent faire partie de la solution à la crise du logement au Canada, mais pas de manière isolée : des changements réglementaires et une formation sont également nécessaires

Le logement préfabriqué - une solution potentielle : Les maisons préfabriquées offrent plusieurs avantages, tels qu'une réduction significative du matériau utilisé en raison des efficacités de coupe, des temps de construction plus rapides, des coûts plus bas et une meilleure efficacité énergétique.

Cependant, pour faire des maisons préfabriquées une option viable, il faut une main-d'œuvre qualifiée formée aux méthodes de construction préfabriquée et les ouvriers nécessaires pour installer et assembler les maisons. Bien que les maisons préfabriquées réduisent la main-d'œuvre sur site, elles nécessitent toujours des travailleurs qualifiés dans les usines (ou une robotique qui nécessite un investissement important) pour assembler les composants.

Sans une main-d'œuvre prête à répondre à ces besoins, le secteur du préfabriqué ne pourra pas se développer. De plus, lorsque nous disons « préfabriqué » ici, on suppose souvent que nous parlons de bois, ce qui n'est pas la seule méthode.

Il existe des systèmes de maisons préfabriquées en panneaux qui sont construits avec des cadres en acier et une isolation semi-rigide qui offrent d'excellentes performances, et des avantages supplémentaires tels que la résistance au feu et la durabilité une fois terminés. Encore une fois, tout changement dans la façon dont nous construisons les maisons devrait se concentrer sur la réduction de l'utilisation des matériaux et la réduction du nombre d'étapes ou d'opportunités d'erreurs.

Ce que nous avons vu auparavant : Les tentatives passées d'introduire de nouvelles méthodes de construction ont eu du mal en raison du manque de travailleurs qualifiés et d'un manque de flexibilité et de standardisation dans les codes du bâtiment du Canada. Si les codes étaient standardisés et que de nouvelles méthodes de construction étaient adoptées en leur sein, nous pourrions espérer encourager de nouvelles techniques de construction qui peuvent accélérer la construction de maisons de qualité.

Mais, si la main-d'œuvre n'est pas universellement formée aux techniques spécifiques de la construction préfabriquée, le plan du gouvernement risque d'échouer.

Rationaliser les règles vs. développer les compétences

Simplifier les réglementations et les conceptions de maisons : L'un des objectifs clés du plan libéral est de réduire la bureaucratie et d'accélérer le processus d'approbation des nouveaux projets de logement. Une grande partie de cela peut être réalisée par des conceptions de maisons standardisées qui se prêtent aux techniques de construction de maisons préfabriquées - quelque chose qui devrait également pouvoir faire baisser les coûts de construction des maisons.

Bien qu'il s'agisse d'une étape importante, cela pourrait aggraver le déficit de compétences si ce n'est pas accompagné de programmes de formation appropriés. En poussant pour des permis plus rapides et des conceptions standard, le plan pourrait finir par se concentrer sur des solutions rapides au lieu de construire une main-d'œuvre qualifiée pour le long terme.

Ce que nous avons appris dans le passé : Les stratégies de logement précédentes qui visaient à rendre le processus de construction plus rapide en réduisant les réglementations n'ont pas toujours compris les implications possibles ou offert le niveau de soutien nécessaire pour former les travailleurs à être vigilants.

Cela a abouti à des projets plus rapides mais souvent à des bâtiments de moindre qualité - quelque chose qui n'aide pas à la qualité perçue des maisons préfabriquées qui sont souvent considérées comme de la construction de type « caravane double ». Si cela se reproduit, nous pourrions assister à une répétition des erreurs passées qui ne font pas avancer l'industrie.

Attirer de nouveaux travailleurs et former pour l'avenir

Pour résoudre la pénurie de main-d'œuvre, tant le gouvernement que l'industrie de la construction doivent se concentrer sur la formation et l'attraction de nouveaux travailleurs. Une grande partie de cela consiste à changer notre façon de penser l'éducation. Trop souvent, les étudiants sont poussés vers des programmes universitaires qui ne sont pas toujours alignés sur les marchés du travail en vogue, et qui ne sont certainement pas alignés sur la construction. Cela doit changer.

Repenser l'éducation et les parcours professionnels

Le système scolaire doit s'adapter : Actuellement, de nombreux étudiants sont orientés vers des programmes universitaires qui ne mènent pas toujours à de bonnes opportunités d'emploi, comme des diplômes en marketing ou en administration des affaires. En même temps, les métiers qualifiés comme la charpenterie, la plomberie et l'électricité sont souvent négligés, même si ces domaines offrent des emplois stables et bien rémunérés.

Le système éducatif doit mettre davantage l'accent sur ces métiers et montrer aux étudiants qu'une carrière dans la construction peut être tout aussi enrichissante qu'un diplôme universitaire. Le changement de valeur accordée aux emplois manuels au Canada peut être retracé à l'ère post-Seconde Guerre mondiale, en particulier dans les années 1950 et 1960, où il y a eu une forte poussée culturelle et sociétale vers l'enseignement supérieur et le travail de bureau.

Pendant cette période, le gouvernement canadien a investi massivement dans l'expansion du système d'éducation publique, en particulier aux niveaux secondaire et postsecondaire, ce qui est devenu auto-entretenu car ceux qui ne pouvaient pas « faire », enseignaient ! À mesure que de plus en plus de gens avaient accès à l'école secondaire et à l'université, il y avait une croyance croissante que tout le monde devrait viser une profession de bureau. Les emplois manuels et basés sur les métiers étaient souvent considérés comme moins prestigieux et étaient positionnés comme des alternatives pour ceux qui ne pouvaient pas « réussir » dans les milieux académiques...

« Ironique que mon diplôme, un B.Sc., soit en construction alors ! J'avoue qu'en tant que membre de la génération X, on m'a souvent fait sentir que j'avais en quelque sorte échoué dans la vie parce que j'ai choisi la construction pour ma carrière. » ajoute Robert J. Pierson, membre du conseil d'administration d'Ecohome et contributeur. « J'espère que nous pourrons changer cela et redonner de la fierté au lieu de travail de la construction - car les travailleurs consciencieux font de bons travailleurs dans n'importe quelle industrie ou profession. » ajoute-t-il.

Encourager l'apprentissage : Les écoles secondaires, les collèges et les centres de formation devraient offrir plus de programmes d'apprentissage qui enseignent aux étudiants les compétences dont ils ont besoin pour l'industrie de la construction moderne. Il devrait y avoir plus d'accent sur l'enseignement de nouvelles méthodes, telles que la construction modulaire et le logement préfabriqué, pour suivre les demandes de l'industrie.

Construire des partenariats solides

Collaboration public-privé : Le gouvernement devrait s'associer avec des entreprises privées qui ont besoin de ces employés spécialisés pour créer des programmes de formation subventionnés reconnus qui se concentrent sur les compétences nécessaires dans l'industrie de la construction d'aujourd'hui. Ces partenariats pourraient aider à créer une formation standardisée qui profite à tout le monde, des constructeurs traditionnels à ceux qui travaillent avec de nouvelles technologies comme le préfabriqué et le modulaire.

Plans de Pierre Poilievre pour l'industrie de la construction canadienne
Les plans du conservateur canadien Pierre Poilievre pour l'industrie de la construction sont quelque peu clivants.

Qu'est-ce que les conservateurs de Pierre Poilievre ont prévu pour la construction ?

Le Parti conservateur du Canada, dirigé par Pierre Poilievre, a également présenté un plan complet pour relever les défis de l'abordabilité et de l'offre de logements à travers le pays. Les principaux éléments de cette stratégie comprennent :

Financement basé sur la performance :

Les conservateurs proposent de lier le financement fédéral des infrastructures à la performance de la construction de logements municipaux. Les villes sont tenues d'augmenter les achèvements de logements de 15 % par an. Le non-respect de ces objectifs entraînerait une réduction proportionnelle du financement fédéral, tandis que le dépassement des objectifs pourrait rapporter des bonus supplémentaires.

Rationalisation des approbations de logement

Pour accélérer le développement de logements, le plan des conservateurs suggère :

  • Fixer des délais stricts pour le rezonage, le développement et les permis de construire.
  • Mettre en œuvre des mesures de planification proactives, telles que le « pré-zonage » de zones.
  • Faire confiance aux professionnels certifiés comme les ingénieurs et les architectes pour réduire les retards bureaucratiques.

Inciter à la coopération municipale

Les conservateurs visent à :

  • Récompenser les municipalités qui suppriment les barrières réglementaires (« gardiens ») pour faciliter la construction de logements.
  • Retenir le financement des transports en commun et des infrastructures des villes qui ne construisent pas suffisamment de logements à haute densité près des stations de transport en commun.

S'attaquer aux défis du « pas dans ma cour » (NIMBY)

Le plan des conservateurs pour l'industrie de la construction comprend des mesures pour :

  • Donner aux citoyens le pouvoir de signaler les cas où l'opposition locale (« NIMBYisme ») entrave les projets de logement.
  • Retenir le financement des infrastructures et des transports en commun des municipalités qui font obstruction au développement de logements.

Incitatifs financiers pour le logement abordable

Les conservateurs proposent :

  • Supprimer la taxe sur les produits et services (TPS) sur la construction de nouveaux logements avec des loyers inférieurs au marché.
  • Utiliser les fonds du Fonds d'accélération pour le logement du gouvernement libéral pour soutenir ces incitatifs.

Utilisation des actifs fédéraux pour le logement

La stratégie proposée par les conservateurs comprend :

  • Inscrire 15 % des 37 000 bâtiments du gouvernement fédéral et des terrains fédéraux appropriés pour leur conversion en unités de logement abordable dans les 18 mois suivant la mise en œuvre du plan.

Ce plan reflète l'engagement du Parti conservateur à augmenter l'offre de logements, à réduire les coûts et à relever les défis de l'abordabilité en mettant en œuvre des incitatifs basés sur la performance et des réformes réglementaires.

Pièges potentiels des plans de logement conservateur par rapport au plan libéral :

Bien que le plan conservateur contienne des stratégies pratiques, il existe certains risques par rapport au plan libéral :

Faisabilité des objectifs de construction :

Le plan conservateur met l'accent sur un financement basé sur la performance, mais sans flexibilité, il risque de pénaliser les villes pour des problèmes hors de leur contrôle. L'approche libérale s'est concentrée sur la résolution des facteurs de marché de manière plus large, bien que cela ait aussi ses propres défis.

Problèmes potentiels de qualité des nouvelles maisons :

La rationalisation des processus et la réduction de la bureaucratie pourraient compromettre la qualité des maisons si elles ne sont pas équilibrées par une surveillance suffisante. Les libéraux, d'autre part, se sont concentrés sur davantage de garanties réglementaires, ce qui peut ralentir le processus mais assure souvent une meilleure qualité à long terme et peut être conçu pour faciliter le traitement de volumes plus importants (conceptions de maisons préfabriquées préautorisées, etc.).

Coopération municipale pour les nouvelles constructions :

Les deux plans visent à inciter les municipalités à coopérer avec les promoteurs locaux. Cependant, le plan conservateur peut introduire trop de pression par des mesures punitives, tandis que le plan libéral se concentre davantage sur la collaboration et le partenariat qui, pour être juste, peuvent ou non se produire. Le risque avec l'approche conservatrice étant qu'elle pourrait entraîner des conflits et une adhésion locale réduite.

NIMBYisme pour les projets de développement :

L'approche conservatrice pour traiter le NIMBYisme peut créer des tensions au sein des communautés, rendant potentiellement plus difficile la construction d'un soutien public pour les projets de logement nécessaires. Le plan libéral n'a pas directement ciblé ce problème de la même manière, se concentrant plutôt sur la fourniture d'incitations financières et de soutien aux municipalités.

Le remarquable développement Sen̓áḵw à Vancouver
Dans le plus grand projet de développement économique des Premières Nations de l'histoire du Canada, la Sḵwx̱wú7mesh Úxwumixw (Nation Squamish) a conclu un partenariat à long terme 50-50 avec le promoteur privé Westbank pour construire un développement communautaire à usage mixte de 6 000 unités à Vancouver appelé Sen̓áḵw - Image © Revery Architecture

Défis liés aux terres autochtones et aux infrastructures :

Le plan libéral est plus susceptible d'impliquer une consultation attentive avec les groupes autochtones lors du développement de terrains pour le logement, un élément crucial que le plan conservateur ne semble pas avoir suffisamment abordé.

Les deux partis peuvent aider à améliorer les opportunités de développement foncier pour l'État, les promoteurs privés et les groupes autochtones, mais ils ont des approches très différentes :

  • Le Parti libéral se concentre sur la réconciliation, en fournissant aux communautés autochtones les ressources et l'autonomie nécessaires pour gérer le développement foncier, comme on le voit avec le projet Sen̓áḵw. Ils visent à créer un cadre qui soutient les projets de logement et économiques dirigés par les Autochtones.
  • Le Parti conservateur se concentre davantage sur la réduction de la bureaucratie et l'incitation au développement privé et municipal. Bien que cela puisse indirectement profiter aux communautés autochtones, cela offre moins de soutien direct pour les projets dirigés par les Autochtones ou les questions foncières spécifiques.

Le projet exceptionnel Sen̓áḵw à Vancouver, C.-B. illustre la vision libérale de l'autonomisation des communautés autochtones pour gérer le développement foncier, mais des politiques plus ciblées des deux partis seraient bénéfiques pour garantir un accès et des opportunités égaux pour le développement foncier autochtone qui aide à atténuer la crise du logement au Canada.

Faire fonctionner un nouveau plan de logement pour le Canada

Le nouveau plan de logement libéral publié en avril 2025 présente une vision forte pour s'attaquer à la crise du logement au Canada et a suscité de nombreuses discussions, mais il ne réussira pas si les problèmes généraux liés à l'industrie de la construction canadienne ne sont pas résolus. Bien que le logement préfabriqué et les maisons modulaires offrent des possibilités excitantes, ils ne peuvent pas réussir sans des travailleurs formés à ces méthodes ou un code du bâtiment harmonisé qui encourage l'innovation et la cohérence plutôt que de l'étouffer.

Pour faire de ce plan ou de tout autre plan une réalité, le gouvernement fédéral au Canada doit prioriser une approche progressive pour des réformes significatives et axées sur les résultats dans la construction de maisons au Canada à tous les niveaux, et s'assurer que les bons programmes de formation sont en place pour construire une main-d'œuvre qualifiée pour l'avenir - y compris le développement de plus d'opportunités pour les communautés autochtones du Canada.

Si ces mesures ne sont pas prises, tout plan pourrait n'être que d'autres idées bien intentionnées qui coûtent cher au Canada et aux Canadiens sans apporter les changements très réels nécessaires pour construire plus de logements de bonne qualité et abordables, plus rapidement.

En vertu de la constitution du Canada, les provinces et les territoires ont des pouvoirs importants sur des domaines comme l'éducation et, surtout, les codes du bâtiment et de la construction. Le gouvernement fédéral a une autorité limitée sur les normes de construction, ce qui signifie que les provinces peuvent adopter leurs propres réglementations pour refléter les influences politiques locales. Nous pourrions conjecturer que ce manque de surveillance fédérale pour soutenir l'industrie de la construction dans son ensemble est le principal obstacle au progrès pour l'industrie de la construction au Canada.

En termes simples, à notre avis, la même cohérence est nécessaire dans l'industrie de la construction et de l'immobilier que celle accordée au secteur de la finance et de l'assurance. Si nous avions un plan cohérent pour la construction de nouvelles constructions au Canada sur lequel tous les grands partis peuvent s'entendre et adopter un financement, alors nous aurions de bonnes chances d'améliorer l'industrie et les résultats qu'ils peuvent atteindre.

Tant que les réglementations de la construction seront localisées et influencées par les politiques municipales, provinciales et fédérales changeantes, le secteur sera soumis aux cycles du marché, aux problèmes d'abordabilité et aux interventions gouvernementales à motivation politique qui créent l'instabilité dont nous subissons aujourd'hui les retombées.

Nous ne savons pas encore quel parti sortira victorieux le 28 avril, mais une chose est certaine : le Canada a encore un long chemin à parcourir pour résoudre sa crise du logement croissante. Les petites phrases politiques ne suffiront pas à résoudre les défis de la construction du pays - ce dont nous avons besoin, c'est d'une action proactive et soutenue et d'un changement dans le cadre fédéral en ce qui concerne l'industrie de la construction canadienne.

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