Les maisons construites au cours des 40 dernières années au Canada sont relativement étanches. Avant cela, nous comptions généralement sur des murs non isolés et fuyants pour assurer l'apport d'air frais et prévenir la moisissure, ce qu'ils faisaient d'ailleurs très bien.

Le désir de confort et d'économies nous a poussés à ajouter de l'isolation, sans toutefois sceller nos murs dès le départ. On a vite compris l'erreur, et les pare-vapeur sont devenus une composante essentielle de l'enveloppe du bâtiment peu de temps après.

Les pare-vapeur ont stoppé le flux d'air humide à travers les murs, ce qui a inévitablement entraîné une accumulation d'humidité à l'intérieur. La condensation sur les fenêtres est alors devenue chose courante et difficile à freiner, favorisant l'apparition de moisissures. Aujourd'hui, les maisons étanches ont besoin d'une assistance mécanique pour prévenir les dommages causés par l'humidité et protéger la qualité de l'air, particulièrement dans les sous-sols où la ventilation est primordiale.

Certains prétendent encore que les murs doivent « respirer » ou que les maisons sont « trop étanches », mais c'est un mythe totalement faux et dommageable. Ce sont les murs qui doivent pouvoir sécher (idéalement dans les deux directions), pas l'air qui doit s'échapper par les fissures.

Comment créer un flux d'air naturel : l'effet cheminée

Si vous entrouvrez une porte en hiver, la convection naturelle aspirera l'air par le bas et le forcera à sortir par le haut. Votre maison se comporte de la même manière : c'est ce qu'on appelle l'effet de tirage thermique ou « effet cheminée ».

L'air chaud monte, créant une pression positive en haut de la maison et une aspiration d'air froid en bas pour le remplacer. Le volume d'air renouvelé dépend alors de l'étanchéité de votre enveloppe.

Bien que cette convection naturelle offre un certain renouvellement, elle est insuffisante dans les maisons modernes performantes. Un système de ventilation mécanique est nécessaire pour évacuer l'humidité et fournir assez d'air frais aux occupants sans gaspiller l'énergie.

Les systèmes de ventilation : qu'est-ce qu'un VRC ?

Le VRC (Ventilateur Récupérateur de Chaleur) est un système mécanique conçu pour expulser l'air vicié et l'humidité tout en préchauffant l'air frais entrant grâce à l'énergie de l'air sortant.

Schéma de fonctionnement d'un échangeur d'air VRC
Fonctionnement d'un échangeur d'air à récupération de chaleur © Van EE

Le noyau du VRC est composé de petits canaux séparés où les deux flux d'air se croisent sans se mélanger. Il n'y a pas de serpentins chauffants énergivores ; seuls les ventilateurs consomment de l'électricité, ce qui rend l'appareil peu coûteux à opérer. En récupérant la chaleur, vous économisez sur vos factures de chauffage, car chauffer un air humide et froid coûte très cher.

Selon la qualité de l'appareil, vous pouvez récupérer de 50 % à 95 % de la chaleur. Prévoyez environ 2 000 $ pour un modèle installé standard, et jusqu'au double pour des modèles haut de gamme avec noyaux en aluminium, plus performants.

Les systèmes de ventilation : qu'est-ce qu'un VRE ?

Le VRE (Ventilateur Récupérateur d'Énergie) va un cran plus loin que le VRC : il récupère non seulement la chaleur, mais aussi une partie de l'humidité de l'air. En été, le VRE pré-refroidit et déshumidifie l'air entrant. En hiver, il aide à conserver un certain taux d'humidité à l'intérieur en évitant que l'air ne devienne trop sec.

La technologie VRE est particulièrement efficace pour maintenir une humidité relative idéale entre 40 % et 50 %. C'est un choix de plus en plus populaire pour améliorer la qualité de l'air intérieur tout en réduisant la charge sur les systèmes de climatisation.

Besoin d'aide pour choisir ? Consultez notre guide : Choisir entre un VRC et un VRE

Pourquoi la qualité de l'air intérieur est-elle cruciale ?

  • Prévenir la pourriture et la moisissure dues à l'humidité.
  • Protéger les fenêtres contre les dommages de la condensation.
  • Éviter les maladies respiratoires causées par les contaminants intérieurs (COV, poussière, radon).
  • Réduire les coûts de chauffage en évitant de chauffer un surplus de vapeur d'eau.

Niveaux d'humidité idéale :

Plage d'humidité saine pour la maison
La plage de confort et de santé se situe entre 35 % et 50 % © Santé Canada

Une humidité trop élevée ou trop basse a des conséquences sur la santé. Les bactéries, virus, moisissures et acariens prolifèrent aux extrêmes du spectre. Visez une humidité relative entre 35 et 50 % : c'est assez élevé pour éviter la peau sèche et les saignements de nez, mais assez bas pour prévenir la condensation et la prolifération de moisissures.

Conseil pratique : Achetez un hygromètre (20 $ à 30 $ en quincaillerie) pour surveiller votre taux d'humidité. Si vos fenêtres dégoulinent, entrouvrez-les légèrement en attendant d'installer une solution permanente comme un déshumidificateur ou un échangeur d'air.

Conseils d'installation

Si vous installez un VRC ou VRE vous-même, étudiez bien l'emplacement des bouches d'extraction. Une bouche dans la salle de bain remplace avantageusement un simple ventilateur d'extraction : au lieu de créer une pression négative qui fait entrer l'air froid par les fissures, vous récupérez la chaleur de la douche.

Attention : n'installez jamais une bouche de VRC directement au-dessus de la cuisinière ! La graisse de cuisson endommagerait rapidement le noyau de votre appareil. Pour les conduits, privilégiez les conduits rigides plutôt que flexibles : ils sont plus silencieux et n'entravent pas le mouvement de l'air.

Approfondissez votre expertise sur l'air intérieur au Québec et en France

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